Fallait que je te parle de lui...


Fallait que je te parle de lui,
De ses sourires qui parfois assassinent,
De ses paroles qui tuent en sourdine
Et de cette force qui lui est propre
De déstabiliser à rendre folle une âme saine !

Mille visages pourtant si envoûtants
Quand ses regards perçants traversent l'être,
Je m'en veux de l'aimer tant il est infâme !
Peu d'autres à mes yeux sont aussi électrisants,
Aussi forts dans les mots, puissants !
Je plais aux rêveurs et aux aliens,
Aux grandes gueules et aux timides
Et je plais pour ma survie au seul qui m'aime avec des rides !

Il n'est pas interdit de séduire,
D'attirer des yeux sur un corps qui jubile...

Quand j'te parle de lui
Je le bade et c'est tout,
Jamais je ne le touche,
Jamais je ne m'enfuis,
Comme lui, avec adresse, je joue,
J'astique le canon, fait briller la cartouche !

Il danse dans ma tête
Et m'attrape à sa guise,
M'insulte même sans le vouloir
Où au contraire le fait exprès,
Rusant, pour que dans sa musette,
Je le haïsse et m'aiguise
Le charcutant tel un rasoir.
Qu'il aime souffrir ! J'irai l'achever,
Lui faire tirer la langue,
Lui faire des frayeurs...
Et s'il ne me déteste pas
Je crèverai son coeur !

Fallait que je te parle de lui
Sans pour autant tout te dire,
Il sent qu'avec moi c'est acquis,
Quand au contraire, je m'étire,
Le largue en plein vol
Pour qu'il s'éclate sans parachute.
Dis pas que je n'l'aime pas,
Comme lui, je tiens le rôle
De la diablesse qui lutte
Contre ses airs de faux roi
Avec son insolente indifférence !

Octobre 2012, Pauley Perett 

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