«Je laisse allumé, là ?»
M’entends-je dire à chaque tombée de nuit :
«Oui, laisse allumé,
J’y reviens chaque soir,
Conter fleurette aux étoiles,
Et puis séduire mon monde,
Me faire dure envers moi,
Et puis fumer, fumer, fumer...
J’y laisserai des plumes, me dis-tu,
Et, je sais que tu as raison,
Mais, ma raison est une enclume
Si légère quand je m’envole, m’égare.
Du bout de ma table et sur la toile,
Je m’offre toutes les raisons de rester là,
De donner de mon temps à l’écrit, quand toi,
Tu t’endors où mes rêves s’emballent...
Oui laisse allumé,
Tu sais qu’où que je sois, tu m’accompagnes,
Libérant mon aura de ma chaise en Espagne,
Voyageant librement, les ailes déployées,
Quand je rejoins le piédestal foudroyé,
Je lutte pour que ma petitesse soit ma force,
Et je sais que je danse sans cesse,
Même sans bouger de là.
Laisse allumé,
J’éteindrai tout à l’heure,
Quand j’aurai dit assez d’âneries
Pour rire de moi-même,
Ou bien quand j’aurai dans mon silence
Fait beaucoup de bruit.
Je te rejoins, quoi qu’il en sois tout à l’heure,
Pour l’heure, je me promène
D’esprits en esprits.
Pauley Perett le 26 sept 2013
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