Il y eut des nuits...
Il
y eu des jours où ses notes me firent chavirer plus d'une fois, j'ai
imaginé aussi plus d'une nuit avec lui, je doutais de moi, de tout, je
voulais fuir comme une dégénérée qui ne sait pas ce qu'elle veut ou le
sait trop bien !
On m'appelait "cœur d’artichaut" quand j'avais
quinze ans, je me suis revue aussi vulnérable en n'étant plus sure de
moi, de mes atouts, de mon tempérament de feu et de mon caractère.
J'étais une chienne à la langue bien pendue qui bavait comme une
pisseuse devant un mec talentueux et riche de son talent, mais
indifférent au possible...
La timidité, mon cul ! Faut savoir
parfois se montrer à la hauteur de ce que l'on émet en se diffusant
comme un filtre d'amour ou au moins avoir un tantinet de délicatesse.
Il y eu des nuits où ses notes me caressaient comme ses mains sur le
piano, il me suffisait de fermer les yeux pour le voir et le sentir,
assise à ses côté, sur son banc, la tête sur son épaule, sentir son
souffle chaud dans mes cheveux, sa bouche sur mon front...
Sa bouche lui faisant perdre le fil des touches et enfin abandonner sa mélodie pour une composition toute aussi jouissive...
Je voulais devenir sa muse, son inspiration même passagère, sa
promenade au dessus du vide, son coeur s'emballant de par mes voluptés,
sa tigresse déchirante...
Il m'avait à sa merci, il avait juste
à me cueillir et me chouchouter un instant, je l'ai haïe mais peut-être
aussi aimé un peu...
à MB, 8 sept 2013, Pauley Perett
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